Réaffirmation de la position des marins pêcheurs ligériens sur les EMR

Réaffirmation de la position des marins pêcheurs ligériens sur les EMR

 

10 Septembre 2015

 

 

Contexte et historique : une position et une implication constante

Les marins pêcheurs ligériens sont impliqués de longue date dans les procédures de concertation sur le développement de l'éolien en mer :

  • 2009/2010 : Procédure de définition des zones de « moindre contrainte » (menée par la Préfecture de Région pour les Appels d'Offres 1&2).
  • 2011/2014 : Auditions et échanges avec les consortiums candidats et/ou lauréats des AO.
  • Depuis 2013 : Participation aux Instances de concertation et de suivi des projets ainsi qu'aux procédures de Débat public, enquête publique.
  • 2015 : Procédure de définition des zones de « moindre contrainte » (menée par la Préfecture de Région et la Préfecture Maritime pour l'Appel d'Offres 3).

La thématique de la pêche professionnelle est régulièrement abordée et utilisée par divers acteurs pour servir leurs propos dans le cadre des discussions sur les projets éoliens. Ces acteurs utilisent la pêche avec ou sans discussion préalable avec les premiers concernés, avec ou sans conserver le sens de propos tenus par les marins pêcheurs. Certaines interventions ne relatent pas la position des marins pêcheurs de la région et tiennent plus du théâtre ou du populisme que de la défense de l'intérêt de l'ensemble des marins. C'est notamment pour cette raison que le COREPEM souhaite de nouveau exprimer la position collective des marins pêcheurs sur le développement de l'éolien en mer. L'avenir étant imprévisible, nos choix ne sont peut-être pas toujours les bons mais ils relèvent de discussions et décisions collectives des professionnels de la région et doivent être respectés en tant que tels.

Tout d'abord, l'Etat n'a pas donné le choix d'implanter ou non ces projets aux marins pêcheurs dans les eaux ligériennes. C'est pourquoi, dès la phase de définition de zones « de moindre contrainte » pour les AO 1&2, les pêcheurs professionnels ont souhaité privilégier une approche concertée de ces projets. Cette démarche est apparue comme la plus pertinente pour permettre d'atteindre l'objectif de poursuite d'activités de pêche au sein des parcs.

La première et la plus forte action pour servir cet objectif a été de privilégier la définition de zones de « moindre contrainte » dans des secteurs travaillés majoritairement aux arts dormants (casiers, filets, palangres). En effet, la pratique de ces métiers apparait plus envisageable que celle des arts trainants (chaluts, dragues) au sein de parcs éoliens. Ce choix, résultat d'un compromis acté collectivement en CA du COREPEM, s'accompagne d'un engagement à ne pas revendiquer un accès à ces zones pour les arts trainants. Il s'agit donc d'une entente professionnelle forte, qui a été rendue possible par la localisation des zones définies par l'Etat, qui englobaient des secteurs rocheux ayant ce profil : le banc de Guérande en Loire Atlantique et le plateau des Bœufs en Vendée.

Les marins pêcheurs ligériens tiennent donc une position de raison, tournée vers la concertation et l'anticipation des problèmes, car ils seront forcés à composer avec les impacts de ces projets.

 

Les projets en cours : vigilance dans la levée des incertitudes

Deux projets éoliens en mer ligérienne sont actuellement en développement. Ceux-ci n'avancent pas sans difficultés ni sans générer un lot d'incertitudes bien compréhensibles.

Le projet éolien du banc de Guérande est actuellement en phase d'enquête publique. Celle-ci présente notamment l'étude d'impact du projet. Ses lacunes, déjà énoncées par les marins pêcheurs (gestion des résidus de forage, protection des câbles inter-éoliennes, etc.), feront l'objet d'un avis dans le cadre de cette enquête. De la même manière, la difficulté de cohabitation avec les navires pratiquant des campagnes de forage sur le site en ce moment même nous pousse à être très exigeants avec le consortium pour la gestion des futurs travaux en mer.

Pour le projet éolien du plateau des Bœufs, le débat public vient de s'achever et l'étude d'impact est en cours. Là encore, des discussions doivent avoir lieu pour lever les incertitudes (schéma de câblage inter-éoliennes, implantation du mât de mesure, analyse des impacts cumulés, etc.). Ces discussions sont prévues et nous avanceront pas à pas avec toute la vigilance nécessaire.

Bref, au-delà du choix de leur implantation, le développement de ces projets génèrent beaucoup d'incertitudes tant techniques qu'organisationnelles. C'est pour cette raison que des partenariats ont été développés avec les différents consortiums. Les marins pêcheurs travaillent, vivent et dépendent au quotidien de ces secteurs qui seront bientôt occupés par des éoliennes et ils souhaitent, à ce titre, être force de propositions, à condition que celles-ci soient entendues. L'acceptabilité de ces projets ne perdurerait pas à n'importe quel prix.

L'essentiel est la garantie de la poursuite d'activité. Les marins ne sont pas intéressés par des processus de compensation qui les cloueraient à quai.

 

Nouveaux projets : la nécessité de retours d'expérience

 

Concernant la poursuite du développement de ce type de projets en mer, la position tenue par l'organisation professionnelle des marins pêcheurs est claire. Elle a été formulée à l'Etat lors de la phase de concertation menée pour la recherche de nouvelles zones « de moindre contrainte » (AO3 prévue par le Ministère avant la fin de l'année) : il y a nécessité d'acquérir des retours d'expérience des projets en cours, qu'il s'agisse de parcs éoliens ou de sites d'essais.

Ces retours sont nécessaires sur différents points :

  • Gestion de la phase de travaux.
  • Mise en place de la réglementation des usages sur zone.
  • Maîtrise des impacts environnementaux et socio-économiques.

Avant l'acquisition de ces retours d'expérience, le conseil du COREPEM, garant de l'intérêt des marins pêcheurs de toute la région Pays de la Loire, continuera de se prononcer défavorablement à tout nouveau développement de site dédié aux EMR.

 

Contact :

COREPEM,

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85100 Les Sables d'Olonne

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