Le Comité régional des pêches des Pays de la Loire applaudit le démantèlement d'un important trafic de civelles !

Les Sables d'Olonne, le 3 juin 2016

 

La récente interpellation des responsables d'une entreprise de mareyage basée en Loire-Atlantique, puis de plusieurs pêcheurs (dont certains professionnels), et la saisie de biens résultants de ce trafic de civelles ravit le COREPEM et les pêcheurs qu'il représente, bien plus souvent victimes que coupables.

Les brutales évolutions règlementaires qu'a connues la pêcherie civelière ces dernières années ont mené à la régression des conditions d'exploitation et, en parallèle, à l'essor de la pêche et du commerce illégal de civelles, attisés par l'amélioration des recrutements en civelle et la forte rentabilité de ce commerce.

Le COREPEM n'a cessé de dénoncer ces pratiques, orchestrées par des mareyeurs en mesure de collecter, de stocker puis d'expédier plusieurs centaines de kilos de civelles vivantes à l'étranger.

Pour autant, ces pratiques ne concernent qu'une partie minoritaire de la pêcherie, et il convient de ne pas créer d'amalgame entre (i) la grande majorité des pêcheurs professionnels qui a consenti à faire de nombreux efforts pour s'adapter à ce nouveau contexte règlementaire et commercial, (ii) des pêcheurs professionnels marginaux qui ne déclarent pas l'ensemble de leurs captures et alimentent ces trafics, et (iii) les braconniers qui, eux, minent les efforts de la profession en pillant la ressource sans limites et en comblant un marché limité à des prix inférieurs.

Malgré les difficultés socio-économiques rencontrées, cette première catégorie de pêcheurs a mené de nombreuses actions en faveur de la ressource (programme de repeuplement), de la traçabilité (système Télécacivelle), de l'amélioration de la qualité des captures (Hydrotamis) ou encore de la valorisation de leur production (Organisation de producteurs Estuaires). Ils savent que, pour assurer un avenir à leur profession, ils doivent concevoir un système de pêche socialement et économiquement durable, avec un impact limité sur la ressource, tout en respectant la règlementation établit.

Le COREPEM souhaite par ailleurs féliciter l'ensemble des services de contrôle pour leur implication dans la lutte contre le braconnage et les filières illégales, souhaitée par les pêcheurs professionnels eux-mêmes. Alors que les domaines d'intervention ne manquent pas, cette lutte reste active et la diversification des méthodes de contrôle montre son efficacité.

Nous espérons que ce démantèlement constituera un point de repère dans l'histoire de la pêcherie, et découragera les pêcheurs, braconniers, mareyeurs et autres parties prenantes tentées par le profit à court terme, qui agissent au détriment de toute une profession responsable et déterminée.