2003-2010 : Immersion et suivi des Recifs Artificiels en Pays de la Loire

Un récif artificiel a pour objectif d'améliorer la situation des écosystèmes aquatiques en fournissant refuge et habitat pour certaines espèces marines. En Pays de Loire, un projet expérimental d'immersion de récifs artificiels initié par le Comité Local de l'Ile d'Yeu, a été mis en œuvre par le COREPEM.
Ce projet expérimental a été subventionné par l'Europe (50%), l'Etat (25%), la Région (12,5%) les Départements de Vendée (8%) et de Loire-Atlantique (4,5 %).

Immersion

Récifs Artificiels

Afin de comparer différentes architectures, 3 types de récifs artificiels expérimentaux par la société PVE :

  • Amas de 12 petits modules, agencés de façon chaotique
  • Amas de 12 petits modules, agencés de façon organisée
  • Module "géant" de 6 m d'arrête.

 

Immersion des récifs artificiels au large du Croisic

 

C'est en août 2003 que ces récifs ont été immergés dans trois sites différents : Yeu zone profonde (amas chaotiques et module géant à -47m), Yeu zone peu profonde (amas chaotiques, amas organisés et module géant à -20m) et Le Croisic (amas chaotiques, amas organisés et module géant à -30m).

 

Suivis (de 2004 à 2006, puis 2010)

Tous les suivis ont été réalisés par le bureau d'étude IN VIVO. Suite aux 3 suivis suivant l'immersion (2004, 2005 et 2006), le COREPEM a mis en oeuvre, grâce à la Région, un nouvel état des lieux en 2009 et 2010, détaillé ci dessous.

Les investigations en plongée ont consisté en une inspection visuelle des récifs, des prises de mesure, des prises de vues (photo, vidéo) et des prélèvements (grattages).

Évolution physique des structures

Les mesures réalisées confirment les tendances déjà observées en 2006 : une grande robustesse des amas de petits modules, contrairement aux modules de type "géant".
En effet :

  • Les amas semblent offrir une grande stabilité dans le temps. Ils résistent également bien à l'enfoncement dans le sédiment après 6 ans d'immersion.
  • Les structures du type « module géant » sont plus cassantes : Au large de l'Ile d'Yeu, le module sur la zone la plus profonde a subi des dégradations (affaissement de la structure 6m de 3.5 à 2.2m, fractures), tandis que celui de la zone peu profonde s'est effondré. Le même module au large du Croisic, fragilisé par la mise à nu des ferraillages et la chute des plaques, s'est affaissé en partie (6m  de 4.1 à 1m) :

Évolution biologique des structures 

Sur les structures des 3 sites, la mise en place d'un réseau trophique apparaît plus clairement, principalement grâce à l'augmentation du nombre d'espèces et à la diversité des régimes trophiques des espèces observées.
Les suspensivores (espèces fixées filtrant les particules planctoniques), les premiers colonisateurs, étaient observés en majorité les années passées. Actuellement, les espèces prédominantes appartiennent à des groupes variés (brouteurs, prédateurs, nécrophages, etc.) :
 
 
lieu observé sur les récifs artificiels
Le peuplement fixé sur le béton se diversifie et la taille des individus ont augmenté. Le peuplement tend donc vers un état d'équilibre : les récifs sont actuellement au stade de maturation pré-climacique.
La faune fixée constitue une base de nourriture pour les espèces de niveau trophique supérieur comme les espèces mobiles gravitant autour des récifs (tacauds, congres, lieus, etc.) Les crustacés nécrophages sont également plus nombreux (étrille, araignée de mer, tourteau, etc.).
 
Lors du dernier suivi en 2006, il était constaté une plus grande maturité des modules profonds. Aujourd'hui, cette tendance s'est inversée, La maturité des peuplements paraît plus avancée pour les modules soumis à des apports trophiques importants, c'est-à-dire les sites les moins profonds de l'Ile d'Yeu et du Croisic. Ces peuplements sont amenés à poursuivre leur évolution et à se complexifier.
 

Conclusion

Schéma récif artificiel

Au final, cette expérimentation d'immersion de récifs artificiels a permis de répondre aux questions posées initialement (faisabilité d'une telle immersion, comparaison des résistances physiques en fonction de l'architecture des récifs, influence des sites d'immersion, etc....) : Les amas chaotiques semblent notamment offrir une plus grande stabilité dans le temps. Du point de vue biologique, il semble à présent que les apports importants des eaux les plus chargées favorisent la maturation des récifs. Les peuplements tendent vers l'état d'équilibre mais sont encore amenés à évoluer et à se complexifier. Ces résultats laissent entrevoir des perspectives intéressantes pour les récifs artificiels et leur soutien à la pêche locale. Ils permettent, outre l'accueil d'espèces d'intérêt commercial, de créer des zones préservées auxquelles est associée la création de biomasse nouvelle. Cette expérimentation permet de vérifier l'importance du choix de :

  • La zone d'implantation : Les petits fonds permettent un suivi plus poussé et semble permettre au final un développement plus rapide, tout comme la continuité avec des zones rocheuses.
  • L'architecture et la taille des structures : Les amas chaotiques semblent plus résistants aux conditions hydrodynamiques. Des structures de tailles et formes variées et notamment la présence de micro-habitats sont plus propices au développement d'une faune riche et diversifiée.

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